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Paroisse orthodoxe St Léonard

Lettre St Léonard septembre 2009

 

 

PAROISSE ORTHODOXE

SAINT LEONARD

Eglise Orthodoxe de France

Rte Aloïs-Fauquez 13  1018 Lausanne  (Suisse)

Tel: 021/ 646 24 01  Portable Père Claude: 077/ 452 40 39

Claude.orthodoxielausannoise@gmail.com

 
Le droit et la charité

Le texte de réflexion que je vous propose est le fruit d’une expérience inattendue. Celle d’un remplacement temporaire en tant que responsable de distribution de colis alimentaires aux plus pauvres de notre société. Ce travail m’a fait découvrir une population démunie et précarisée par les conditions économiques. Des hommes et des femmes dont la vie ou les projets de vie ont été changés ou perturbés par le chômage, la maladie, la dépression, les dépendances.  Des personnes dont les noms sont souvent biffés du livre de l’utilité sociale.

De l’exclusion sociale à l’auto-exclusion, il n’y a qu’un pas ! Vite franchis ! Les psychologues parleront alors de désocialisation. Les repères sociaux communs sont perdus au profit d’autres codes de conduite choisis individuellement ou imposés par d’autres groupes sociaux marginaux.

Et si la société avait raison de m’exclure ? S’il était légitime de se protéger de moi ?  Et si la voie de garage était mon seul horizon ? Mon avenir dans un tunnel sans fin ?

Une moniale orthodoxe, Mère Sofia, arpentait les rues de Lausanne en osant parler de dignité aux exclus d’abord… et aux Autorités ensuite. Cette moniale, douée d’un caractère fort, a eu des mains pour distribuer la soupe et le coup de pied facile envers ceux qui lui barraient la route.

Mère Sofia est née au ciel il y a quelques année. Son œuvre perdure sous la forme d’une fondation. Exit la petite charrette de la soupe populaire du début. Ce sont maintenant des locaux spacieux qui accueillent tous les jours une centaine de convives pour un repas chaud
Le Parachute, quant à lui, accueille des mineurs en grande difficultés sociales et relationnelles.
Macadam Service se propose de réinsérer petit à petit des hommes et des femmes dans la vie professionnelle. Des missions de courtes durées sont proposées afin de permettre une reprise de travail à des personnes ayant eu une longue période d’inactivité pour cause de chômage, maladie, etc.
Enfin, les colis alimentaires sont avant tout un service d’assistance sociale de rue qui peuvent distribuer de la nourriture. En effet, si la distribution urgente de nourriture peut répondre à un besoin immédiat, la mise en place d’un suivi social est indispensable pour que la personne puisse regagner son autonomie.

Dignité ! Ce mot s’allie avec le droit mieux qu’avec la charité. Le droit peut libérer alors que la charité peut rendre dépendant. Telle était la philosophie de la « petite mère » , telle est aussi celle de la Fondation Mère Sofia.

Dignité ! Parce que le don n’est pas toujours charitable ou désintéressé. Le don attend toujours un remerciement ou une reconnaissance directe ou indirecte. Cette forme de charité introduit ipso facto un rapport hiérarchique entre celui qui donne et celui qui reçoit. Plus encore une co-dépendance entre deux être en un acte aux motivations souvent non dites.

Pourquoi donner ? Et si la charité envers son prochain n’était qu’une action d’abord et en premier lieu tournée vers soi-même ? Pour se donner bonne conscience, pour se racheter, pour résoudre ses propres problèmes ? Pour être considéré par les autres et se rassurer un tant soit peu sur soi-même ? Les motivations du don, on le voit, peuvent être multiples voire malsaines tant pour celui qui donne que pour celui qui reçoit.

Cette introduction va nous permettre de continuer notre propos sur la charité. Pour cela débarrasons-nous en premier lieu de ce que l’on peut appeler « l’acte charitable ». Il ne peut qu’ être, ou ne pas être, un aboutissement ou une conséquence. En aucun cas, il est cause. Et le monde moderne, en ce domaine, confond souvent la cause et les conséquences.

La doctrine sociale de l’Eglise

L’évangéliste Luc dans les Actes des Apôtres (Actes 2: 42-47) nous donne une première piste quant ce que nous pourrions appeler la doctrine sociale de l’Eglise. Il décrit la vie des premières communautés chrétiennes qui, en premier lieu, écoutent l’enseignement des apôtres, prient, mangent et prennent l’eucharistie en commun (le repas et l’eucharistie n’étaient pas distincts).
Ensuite, et à cause de cela, ils mettaient leurs biens en commun et partageaient selon les besoins de chacun.
Ici réside la différence entre christianisme et humanisme.

L’humaniste aime les autres, défend des causes et des idées souvent nobles. Il trouve sa légitimité dans le monde et est aspiré par lui. Il agit ou réagit aux circonstances et inspirations immédiates. Il est dans l’utile, l’utilitaire et seuls les résultats comptent. Ces hommes et ces femmes sont indispensables et aident à rendre notre société décharnée un peu plus vivable, un peu plus solidaire. C’est tant mieux.


Pour le christianisme, c’est la qualité de relation verticale qui va déterminer ce que sera la relation horizontale. Par verticalité, il faut entendre la prière, individuelle ou commune, comme facteur déterminant de la qualité de notre relation ou intimité à Dieu. C’est la confession d’un Dieu qui se penche vers sa créature pour l’attirer à Lui. Synergie parfaite entre la volonté divine et la volonté humaine.
La mission de l’Eglise est d’annoncer le Royaume des cieux. Par son enseignement universel, par les sacrements, elle donne les clés du Royaume. Telle est sa mission unique définie par le Christ lui-même (Matthieu 28:16-20).

La mise en commun des biens, le partage et la joie d’être ensemble sont la conséquence d’une foi commune dans la Résurrection du Christ et dans la pratique de la prière. Et non le contraire !

Avez-vous remarqué combien les chrétiens s’agitent socialement ?  Il créent des institutions sociales (bien entendu laïques !), ils créent des associations ou partis « pour », d’autres « contre ». Ils s’énervent beaucoup sur les questions sociales. Parfois, pour ces chrétiens, l’Eglise devient un bocal d’expérience sociale où l’on confond la cause et les conséquences. Tels sont les dangers d’une théologie uniquement basée sur l’expérience où le plus petit dénominateur devient Dieu. La marge ou le secondaire deviennent le centre de gravité.

Si la conséquence de la relation verticale peut être un travail social, celui-ci n’est en aucun cas obligatoire et encore moins le centre de la vie chrétienne.

Encore un mot sur la charité. La charité se confond avec l’amour. Elle ne réside pas ou ne se limite dans un acte. Un don, une aide, une parole « charitable » peuvent être apportés sans amour.

L’amour de Dieu conditionne l’amour du prochain. La charité en esprit et en vérité ne consiste pas en l’acte facile du don mais bien au contraire dans celui d’aimer son prochain tel qu’il est, comme il est. Aimer c’est aussi savoir s’opposer quand cela est utile, refuser Les solutions faciles ou trop évidentes, les certitudes d’un humanisme primaire limité souvent à une sorte de faux socialisme qui ne répond qu’à des préoccupations économiques.

Aimer ce n’est pas obligatoirement lutter pour améliorer le sort des plus faibles ! Cette affirmation peut paraître choquante en un monde qui se gausse d’égalitarisme (et qui par ailleurs n’y parviendra jamais), qui fait des collectes lors de catastrophes, qui culpabilise les uns les autres, qui fait de la « charité » une vertu cardinale ou un business.

Aimer en esprit et en vérité, c’est rendre digne. C’est reconnaître son prochain en tant que personne plutôt qu’en un objet de sollicitude.
Aimer, c’est voir en l’autre le Christ souffrant. Aimer c’est distinguer Dieu en son prochain.
Aimer c’est pleurer des larmes de compassion pour, ensuite, soigner les plaies du corps ou de l’âme.

C’est ainsi que le don prendra sa véritable signification et dimension. Il deviendra vraiment un acte d’amour et de dignité pour celui qui le reçoit. Et pour celui qui donne il sera la conséquence logique et évidente de son expérience de l’intimité divine acquise par la foi et la prière.

Alors donner ne sera plus un acte plus ou moins ponctuel de notre vie mais la raison logique de notre existence en Christ. Il a donné sa vie pour nous, par sa mort Il nous a réconcilié avec Dieu, avec nous-mêmes intimement et avec tous les hommes.

Alors notre don sera un acte d’amour et de charité. Il sera conséquent.

Père Claude

Paroisse St Léonard
Rte Aloïs-Fauquez 13
1018 Lausanne
Tel: 021/ 646 24 01
Prêtre: 077/ 452 40 39


Dimanche 6 septembre
14e dimanche après la Pentecôte
Samedi: 19h Divine Liturgie
Dimanche: pas d’office

Dimanche 13 septembre
15e dimanche après la Pentecôte
Samedi: 19h Divine Liturgie
Dimanche: pas d’office

Samedi 19 septembre
Quatre-Temps d'automne
19h Divine Liturgie
Dimanche: pas d'office

Dimanche 27 septembre
17e dimanche après la Pentecôte
Samedi: 19h Divine Liturgie
Dimanche: pas d’office à Lausanne.
11h Divine Liturgie en la paroisse de la Résurrection à Grenoble.

Lundi 28 septembre
Saint FAUST, évêque de Riez, Père de l’Eglise (408-490)
19h Divine Liturgie


Cours d'introduction
 à la théologie orthodoxe

Lundi 28 septembre: 20h 15 Histoire de l’Eglise  21h Philosophie.
Mardi 30 septembre: 20h 15 Grec ancien (débutants)
Les cours ont lieu à la chapelle après la Divine Liturgie


Séminaire d’introduction
À la théologie orthodoxe


Reprise des cours: Lundi 28 septembre.

Fréquence: une soirée par mois.

Matières: dogmatique, histoire de l’Eglise, ecclésiologie, liturgie (Père Claude).
Droit canon, philosophie, écriture sainte (Eric Soguel). Programme complet et inscriptions: tel: 021 646 24 01
ou 077  452 40 39

Les cours ont lieu le lundi: 19h Divine Liturgie vespérale, 20h 15 premier cours, 21h second cours, 21h 45 petites complies.

Nous demandons une participation de 10.- par soirée.

Cours de grec ancien

 Cours débutants: Mercredi 30 septembre à 20h 15.
Le cours a lieu tous les mercredis soir sauf vacances scolaires.


Séminaire de la paroisse

Le traditionnel séminaire de la paroisse aura lieu les 31 octobre et 1er novembre 2009 à l’abbaye de Montheron.
Notre évêque, Monseigneur Germain de Saint-Denis nous entretiendra du


Discernement des esprits

Le samedi: 9h laudes - séance de travail - repas - pause - séance de travail - Vêpres de la Toussaint - repas - séance de travail.
Le Dimanche: 10h Divine Liturgie pontificale de la Toussaint - repas.


Conférences

Jeudi 29 octobre, 20h Maison de la femme, av. Eglantine 6 à Lausanne
Le destin de l’humanité dans la Tradition.
Evêque Germain de Saint-Denis

Vendredi 30 octobre, 20h Maison de la femme, av. Eglantine 6 à Lausanne.
Les Béatitudes
Evêque Germain de Saint-Denis

Pour tous les cours et séminaires, les inscriptions peuvent nous parvenir :
Par téléphone: 021 646 24 01
Par portable: 077 452 40 39
Par e-mail:
claude.orthodoxielausannoise@gmail.com
Pere.claude@laposte.net

Ou par courrier: Paroisse orthodoxe St Léonard, rte Aloïs-Fauquez 13  1018 Lausanne.

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