Lettre de Saint Léonard avril 2009

PAROISSE ORTHODOXE
SAINT LEONARD
Eglise Orthodoxe de France
Rte Aloïs-Fauquez 13 1018 Lausanne (Suisse)
Tel: 021/ 646 24 01 Portable Père Claude: 077/ 452 40 39
Prière de saint Ephrem
"Seigneur et Maître de ma vie, l'esprit d'oisiveté, de découragement,
de domination et de parole facile,
éloigne de moi !
L'esprit de pureté, d'humilité, de patience et de charité,
donne à ton serviteur.
Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et
de ne pas juger mon frère. Car Tu es béni aux siècles des siècles".Le Carême
Soyons positifs ! Parce que le Carême n’est pas une période triste. C’est précisément un temps d’ouverture de l’homme au Mystère du salut, une porte ouverte sur le divin.
Le jeûne et la pénitence sont d’abord des attitudes intérieures, des dispositions du cœur de l’homme qui se prépare à recevoir, à accueillir le sacrifice du Christ. Il prépare sa maison intérieure, met des habits neufs et s’apprête en vérité à participer au banquet offert par le Maître de la maison.
Le Carême est ce temps de préparation à l’invitation du Christ. Cette invitation est personnelle et intransmissible. Elle n’est pas, non plus, une convocation ou un ordre de marche.
L’homme est libre d’accepter ou de refuser l’invitation de Celui qui l’appelle à la collaboration, à la participation à l’histoire de son salut personnel.
Tel est, par ailleurs, le sens des sacrements, du baptême, de l’eucharistie, de la pénitence: la participation et la collaboration de l’homme. Cyrille de Jérusalem le rappelle en disant à propos du baptême de Simon le Magicien: « Il fut immergé mais non illuminé; il plongea son corps dans l’eau mais n’assura point à son cœur la lumière de l’Esprit; son corps descendit et remonta mais son âme ne fut pas mise au tombeau avec le Christ ni ne ressuscita avec lui ». En un mot: l’homme extérieur avait répondu à l’invitation alors que le cœur refusait l’appel du Christ.
Le grand Carême, celui de Noël, les jours de jeûne sont les temps de préparation qui permettent en vérité d’être co-participants à la noce à laquelle nous invite l’Epoux.
Si le sens du Carême est bien connu, souvent intellectuellement, comment le pratiquer aujourd’hui dans une société de consommation axée sur le profit, le rendement à tout prix. Pénitence en grec se traduit par « métanoïa ». C’est-à-dire par conversion, renversement, changement d’optique ou remise en question.
Le jeûne alimentaire fait partie de ce processus mais il n’en est pas la finalité. Il est un moyen, un outil et non un but.
Certes, il est bon de jeûner mais il n’est pas un régime alimentaire pour personnes ayant quelques kilos à perdre. A ce propos, il est bon de savoir pourquoi on pratique le jeûne.
Le jeûne alimentaire doit apporter l’équilibre et non révéler ou être source de déséquilibre à la fois alimentaire mais surtout spirituel.
L’homme mesure, par le Carême, ce qu’est le péché: la séparation d’avec Dieu. Le Carême vise donc à réduire cette distance que l’homme a mise entre lui et son Créateur.
Retrouver l’intimité divine, abolir, autant que possible, la séparation d’avec Dieu, respirer l’odeur de Dieu, s’approcher tel est le sens du Carême et de ce temps de métanoïa.
Se recentrer sur Dieu en donnant les véritables priorités à Dieu. En nous redéfinissant, nous-mêmes personnellement par rapport à Dieu mais aussi envers nos frères.
La transformation, rénovation et conversion de l’homme intérieur induira de fait le changement de l’homme extérieur. Et non le contraire !
Ouvrir son cœur et son intelligence à la lumière de l’Esprit, mettre son âme au tombeau, comme le disait saint Cyrille de Jérusalem signifie le vrai sens du Carême: se dépouiller des passions, de l’inutilité des pensées pour se tourner uniquement vers Dieu par la prière.
Ainsi notre prière de pénitence ne sera pas un acte d’auto flagellation psychique, une remise en question morale ou encore un acte liturgique ou social mais bien une conversion qui permettra à l’homme d’accueillir en vérité la joie et la folie de la Résurrection. Le Carême est le temps de la conversion et tel est le sens du mot de pénitence. Tel est aussi le sens du baptême. Tel devrait être le sens de toute notre vie: un Carême permanent, une conversion journalière.
Le dépouillement des pensées, des biens de consommation, la lutte contre les passions sont des actes indispensables pour recentrer et sanctifier notre relation avec Dieu.
Quittons l’homme ancien, ôtons les habits du péché pour revêtir les habits de lumière et ressusciter avec le Christ. Participons au banquet de notre Maître Seigneur Jésus Christ.
Faisons ce Carême dans la joie de la rencontre avec Dieu et avec nos frères, jeûnons (le jeûne n’est pas seulement alimentaire) et parfumons notre tête pour que notre conversion soit celle de notre être entier corps, âme et esprit.
La Semaine Sainte
En entrant dans la Semaine Sainte, nous qui nous sommes convertis durant le Carême, abordons ce qu’il faut appeler le processus de la mort et de la résurrection. De la vie terrestre, historique de Jésus de Nazareth en tant qu’homme et la marche du Christ Dieu qui va souffrir, entrer dans la mort pour la vaincre et finalement ressusciter. Nous entrons au cœur du mystère chrétien en nous abandonnant à l’amour de celui qui donne sa vie pour le rachat de nos péchés.
Homme et Dieu à la fois il unit par sa Passion l’humanité à la Divinité. Il rachète le péché d’Adam, il n’abolit pas le péché, mais donne la possibilité à l’humanité de retrouver l’intimité divine perdue par la prévarication de notre premier père. Il est le nouvel Adam.
Le Christ signe ainsi de son sang la nouvelle alliance entre Dieu et sa créature.
La Semaine Sainte que nous célébrons débute aux Rameaux pour se terminer le samedi avant la nuit de la Résurrection. Le Carême nous a préparé à ce moment qui n’est plus celui de la purification mais de l’action.
Rappelons-nous aussi que cette action débute avec l’Annonciation et l’Incarnation quelques trente années auparavant. Ainsi l’enfant de la crèche, l’enseignant du Sermon sur la Montagne, le Christ de la Sainte Cène sont celui de la Passion et de la Résurrection.
Ainsi, dans l’action, le Christ nous entraîne avec lui dans la mort pour renaître ensuite transformés.
La Passion du Christ est aussi notre propre passion. Comment oser dire cela ? Les souffrances du Christ en croix sont nos propres souffrances, la mort de Dieu supplicié est notre propre mort; il a bu le vinaigre pour nous et avec nous. Par amour pour nous, Dieu est devenu homme, non par apparence, tout en restant pleinement Dieu.
Sur la croix, Dieu et l’homme se rejoignent dans une synergie parfaite. Sans la participation active de l’homme, la croix et la résurrection auraient été d’une parfaite inutilité.
Ainsi la Semaine Sainte, pour le Chrétien, n’est pas une commémoration du souvenir des souffrances et de la mort du Christ mais une participation active à celles-ci. Notre vieil homme est symboliquement crucifié avec le Christ.
L’antique séparation libre et volontaire de l’homme avec Dieu trouve son épilogue dans l’acte suprême du Christ qui souffre et s’offre lui-même à ceux qui, par un acte de foi lui aussi libre et volontaire, peuvent l’accepter en vérité.
Ce temps de la Passion n’est plus celui des grandes discussions théologiques mais bien celui de l’agir objectif et vital de l’homme qui accompagne le Christ dans ses souffrances, dans sa mort, dans le tombeau. Et cet homme, c’est toi, moi, nous tous, personnellement. Toutes les prières, tous les offices de cette Semaine Sainte tendent à cela: nous rendre co-participants à cet immense Mystère de la Croix.
Paradoxalement, le supplice est un acte qui donne la vie, la barre horizontale de la croix appelle à la verticalité de l’être en Dieu. La Semaine Sainte nous fait passer du non être à l’être en Christ qui est Dieu avec le Père et le Saint Esprit.
Là, nous ne sommes plus dans la reconnaissance des péchés, petits et grands, dans la morale. Nous sommes dans l’existentiel. Nous sommes au cœur et nous sommes au centre de l’amour de Dieu pour nous. Faisons mourir le vieil homme, approchons-nous, autant que cela nous est possible du Christ Dieu souffrant sachant que c’est nos propres souffrances qu’il a prise sur lui tel un Agneau que l’on emmène à la boucherie.
Père Claude
La Résurrection
Homélie de Saint Jean Chrysostome (lue pendant l’office)
Que tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité. Tout serviteur fidèle, qu’il entre avec allégresse dans la joie de son Seigneur. Celui qui a porté le poids du jeûne, qu’il vienne maintenant toucher son denier. Celui qui a travaillé depuis la première heure, qu’il reçoive aujourd’hui le juste salaire. Celui qui est venu après la troisième heure, qu’il célèbre la fête dans l’action de grâce. Celui qui est arrivé après la sixième heure, qu’il n’ait aucun doute, il ne sera pas lésé. Si quelqu’un a tardé jusqu’à la neuvième heure, qu’il approche sans hésiter. S’il a traîné jusqu’à la onzième heure, qu’il n’ait pas honte de sa lenteur, car le Maître est généreux, il reçoit le dernier comme le premier ; il accorde le repos à l’ouvrier de la onzième heure comme à celui de la première. Il fait miséricorde à celui-là, et comble celui-ci. Il donne à l’un, il fait grâce à l’autre. Il accueille les oeuvres, il apprécie le jugement ; il honore l’action et loue l’intention. Aussi, entrez tous dans la joie de notre Seigneur. Premiers et derniers, recevez le salaire. Riches et pauvres, chantez en choeur tous ensemble. Les vigilants comme les nonchalants, honorez ce jour.
Vous qui avez jeûné, et vous qui ne l’avez point fait, réjouissez-vous aujourd’hui. La table est prête, mangez-en tous ; le veau gras est servi, que nul ne s’en retourne à jeun. Jouissez tous du banquet de la foi. Que nul ne déplore sa pauvreté car le Royaume est apparu pour tous.
Que nul ne se lamente sur ses fautes, car le pardon s’est levé du tombeau. Que nul ne craigne la mort, car la mort du Sauveur nous a libérés. Il a détruit la mort, celui qu’elle avait étreint. Il a dépouillé l’enfer, celui qui est descendu aux enfers. Il l’a rempli d’amertume, pour avoir goûté de sa chair. Isaïe l’avait prédit en disant : "l’enfer fut rempli d’amertume lorsqu’il t’a rencontré" ; rempli d’amertume, car il a été joué ; bouleversé, car il fut mis à mort ; bouleversé, car il fut anéanti. Consterné, car il saisit un corps et trouva un Dieu. Il prit de la terre et rencontra le ciel. Il saisit ce qu’il voyait, et tomba sur celui qu’il ne voyait pas.
O mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire.
Le Christ est ressuscité et tu as été terrassé. Le Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie. Le Christ est ressuscité et voici que règne la vie. Le Christ est ressuscité, et plus un mort au tombeau, car le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis. A lui, gloire et puissance dans les siècles des siècles Amen.
Paroisse St Léonard
Rte Aloïs-Fauquez 13
1018 Lausanne
Tel: 021/ 646 24 01
Prêtre: 077/ 452 40 39
Dimanche 5 avrilDimanche des Rameaux
10h Laudes et Divine Liturgie, bénédiction des rameaux Samedi: 19h Vigiles
Samedi 11 avrilSamedi Saint Nuit de la Résurrection
21h Messe des eaux, vigiles pascales, liturgie de la Résurrection.Agapes à la chapelle. Dimanche: pas d'office
Dimanche 19 avril1er dimanche après Pâques
10h Laudes et Divine Liturgie Samedi: 19h Vêpres
Mardi 21 avrilSaint Anastase 19h Divine Liturgie St Jean Chrysostome
Dimanche 26 avril
2e dimanche après Pâques10h Laudes et Divine Liturgie Samedi: 19h Vêpres
Cours d'introduction
à la théologie orthodoxe
Droit canon et dogmatique
Mardi 21 avril dès 20h 15
après la Divine Liturgie
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30 Mars 2009 à 13:06 dans
- Général
