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Paroisse orthodoxe St Léonard

Lettre de Saint Léonard mars 2009

PAROISSE ORTHODOXE

SAINT LEONARD

Eglise Orthodoxe de France

        

Rte Aloïs-Fauquez 13  1018 Lausanne  (Suisse)

Tel: 021/ 646 24 01  Portable Père Claude: 077/ 452 40 39

Claude.orthodoxielausannoise@gmail.com 

"Seigneur et Maître de ma vie, l'esprit d'oisiveté, de découragement,

       de domination  et  de parole  facile,            

éloigne  de moi !

        L'esprit de pureté, d'humilité, de patience et de charité,            

donne à ton serviteur.

     Oui, Seigneur et Roi, donne-moi de voir mes fautes et          

de ne pas juger mon frère.

Car Tu es béni aux siècles des siècles". (Saint Ephrem) 

Lettre de Saint Léonard

Soyons en silence !

Le texte que nous publions est celui de l’introduction de la retraite prière et silence au monastère de la Transfiguration 

Un constat assourdissant !

Nous allons parler… du silence. Notre société agitée de supporte pas le silence. Dans les tensions dues au travail, à la fréquentation de la société, dans les loisirs ainsi que dans tous les actes anodins de la vie le silence devient insupportable.

Outre les bruits quotidiens des machines de production, des véhicules, du travail; l’homme moderne introduit partout une sorte de bruit de fond qui couvre chaque instant de silence ou de solitude. Cet homme apeuré remplit alors son existence de bruits jusqu’en des endroits les plus intimes pour tromper l’angoisse qu’il a de se retrouver face à lui-même.

La consommation frénétique de bruits et de biens prend les allures d’une fuite en avant, de la négation de la personne pour appartenir à un groupe, se fondre et se réfugier dans une société qui le manipule. L’homme, alors, n’est plus une personne mais devient un individu.

Alors, l’homme ne pense plus, il répète. Il n’agit plus, il réagit ou subit. Il ne se nourrit plus, il avale. Il n’achète plus, il consomme. Il ne parle plus, il téléphone. Il ne dialogue plus, il monologue.

Dans ce Mac Donald du prêt à penser, de la malbouffe intellectuelle, sociale, alimentaire; aucune place, pas un instant, pas un temps mort. Pas le temps de souffler. Pas une respiration. Car si les hommes respiraient, la société serait remise en question et s’écroulerait comme un château de cartes. Le silence est révolutionnaire ! « Sous les pavés, la plage ». L’acte que nous vous proposons est en premier lieu un acte personnel, la décroissance sociale pour la croissance intérieure.

Quelle démarche ?

Et nous, face à notre miroir ou en regardant dans le rétroviseur de notre propre existence, nous qui faisons ce constat alarmant, reconnaissons que nous sommes fatigués !

Aspirons-nous au repos ou au silence ?

Voulons-nous faire une pause, souffler, faire le vide ?

Aussi louable soit-elle cette démarche n’est pas celle du silence !

Le silence n’est pas une simple absence de bruit mais un choix ou une sélection de ce que nous voulons et pouvons entendre et accepter de notre entourage. Le silence n’est pas le vide. Notre propos sera donc en premier lieu de faire un peu de place dans notre maison intérieure pour y placer de nouveaux meubles, pour la remplir. Le silence, c’est plein ! Le silence n’est pas un lit douillet mais une route où l’on marche droit, debout, … à l’écoute. Le silence est exigeant, il est actif. 

Ce que le silence n’est pas !

Le silence n’est pas une fuite. Deux exemples, dont un d’apparence absurde, pour nous faire comprendre les pièges à éviter.

Les jeunes qui se promènent dans la rue avec leurs appareils de musique vissés aux oreilles écoutent souvent et trop fort une musique très rythmée qui pourra leur valoir des problèmes auditifs graves. Curieusement, on peut dire que, paradoxalement, ils pratiquent une forme de (faux) silence ! Ils sélectionnent ce qu’ils veulent bien entendre, ils vivent dans leur bulle, le monde extérieur leur est étranger. Ils sont sourds et complètement déconnectés.

L’autre exemple est celui de la fuite du monde par protection. Créer une bulle où  rien ne peut plus nous atteindre. Se donner des airs de vieux sage, créer un personnage qui n’est que factice parce que ce (faux) silence n’ est en réalité qu’ un mur de séparation d’avec le monde.

Avez-vous remarqué combien la vie moderne capte notre attention sans même que nous nous en rendions compte ?

Lorsque nous conduisons notre automobile, les signaux, les interdictions, les obligations, le code de la route, la conduite et la circulation nous sollicitent une attention intensive. Le travail, les cadences de travail ne laissent aucun répit. Il faut être productifs.

Même lorsque vous marchez paisiblement en ville, les sollicitations sont nombreuses. Votre attention est captée par la publicité, la circulation, les feux, les lumières, les bruits et les règles. 

Le silence intérieur

Le silence extérieur, nous l’expérimenterons, n’apporte pas de manière immédiate le silence intérieur. Bien au contraire ! Il peut être un révélateur redoutable de l’état de notre être intérieur.

On ne peut donc pas proposer le silence à tout un chacun. On ne peut faire silence sur commande, d’un seul coup, parce que le silence n’est pas le vide.

Les pensées, les états d’âme surgissent alors et se télescopent en nous ne créant non pas la paix et l’équilibre recherchés mais bien un état de confusion et d’agitation psychologiques ou spirituels de l’homme à la rencontre de son « moi » devenu un étranger.

Cette sensation désagréable est la première étape que nous traverserons. Elle est celle du constat. L’être que nous sommes n’est pas celui que nous croyons être. Nous ne correspondons pas à l’image que nous nous faisions de nous-même.

Cette étape, beaucoup d’hommes et de femmes d’aujourd’hui la connaissent à l’occasion des circonstances de la vie, du chômage, de la maladie…C’est la dépression, le burn-out. Ces maladies typiques de l’homme d’aujourd’hui sont dues, essentiellement, à un mode de vie qui ne Correspond plus aux aspirations fondamentales  de l’homme. Et si nous sommes, ici, à St Marcel, c’est que nous en avons conscience. Cette phase que nous appellerons « dépressive » peut être dépassée. 

Une méthode ?

Comment ?

En prenant conscience de soi-même ! En reprenant contact avec son corps, son environnement. En respirant physiquement et intellectuellement et spirituellement. En se reconnaissant comme une personne importante, unique, un être irremplaçable tant aux yeux de Dieu que pour les autres. En passant du personnage virtuel à la personne consciente.

Pour cela il n’existe pas de méthode universelle. Chacun avance selon le rythme qui lui est propre. Tout au plus, pouvons-nous indiquer quelques pistes: Pour commencer, prendre une page blanche et y écrire ce que nous trouvons de positif en nous. Il n’y en a certainement plus que ce que nous croyons ! Placer sur une autre page, le négatif, ce que nous désirons changer. Ce sera en quelque sorte, une forme de journal de retraite appelé à évoluer ces jours et après notre retour.

Se placer dans l’église, face à l’icône du Christ. Contempler, prier, tenter d’être avec et dans le Christ. Savoir que l’on peut tenir cinq minutes de vraie prière sur des heures de contemplation ou même de célébration de la Divine Liturgie.

En marchant, en contemplant la nature, le travail de l’homme, en prenant conscience du monde qui nous entoure. En étant plus spectateur qu’acteur. Le spectateur n’est pas inactif puisqu’il reçoit, prend, attrape, ramasse, récolte.

Toutes ces pistes, elles sont multiples selon notre propre expérience, visent à un seul et unique but: prendre possession de soi-même en écoutant sa propre respiration. Prendre Conscience de sa propre vie. Exister en dehors de obligations sociales de toutes sortes. Et de poser ces questions hors de la pression de l’utilité, de l’action.

 

Questionnement

 

Qui suis-je vraiment ? L’image que j’ai de moi (et celle que je donne aux autres) Est-ce un leurre, un artifice avec lequel je joue et me trompe moi-même ? Suis-je mon meilleur ami ou mon meilleur ennemi ? Suis-je vrai ?

Cette vérité sur moi-même m’est-elle supportable ? Ma vie, le sens que je lui donne, est-il en adéquation avec ce que je suis au plus profond de moi ? Sachons aussi que nous nous arrangeons toujours, plus ou moins bien, avec ces questions et que l’équilibre entre l’être que nous sommes vraiment, celui que nous croyons être, celui que nous montrons aux autres (et à Dieu) est des plus précaire. Il est toujours remis en question par chaque acte que nous faisons ou parole que nous prononçons. Et cela, à chaque minute ou seconde de notre vie.

Quel est le sens de ma prière ?  Pourquoi est-ce que je prie ?  Comment ? Qui est au centre de ma prière: Dieu ou ma petite personne ?

Le silence n’est pas le vide parce que le vide n’existe pas. Il oblige l’homme à la vérité sur lui-même, il le confronte à la réalité de son existence, à son être. Le questionnement est incontournable. Il peut être pénible et peut-être impossible à certains. Ce premier silence, cet apprentissage, ces retrouvailles ne nous mettent  pas immédiatement en contact avec notre propre « moi ». C’est une étape par laquelle il faut passer. Se reconnaître, se connaître et se supporter pour vivre en accord avec soi-même et prier Dieu en vérité.

Savoir ce qui est utile. Oser dire que l’inutilité au sens du monde n’est pas l’inactivité. Identifier ses pensées, sélectionner ce qui est inutile ou superflu en nous, ouvrir et cultiver, jardiner et arroser notre âme. Tel est le sens de De ce silence actif que nous vous proposons. Cette pratique, des plus actives qui soit, n’est pas celle de la dépression au sens psychiatrique du terme mais bien celle d’une gestion de la pression qui peut permettre à l’homme de s’ouvrir, de quitter la bulle dans laquelle il se meut pour aller au-delà, vers Dieu et vers les autres.

Résultats

L’homme moderne aime les résultats !  Nous n’avons pas de résultats à vous proposer. C’est vous qui détenez les clés de vos prisons intérieures. Chacun d’entre-nous a ses fers, ses portes. Ses boulets.

Lorsque le forgeron travaille une pièce, il en voit immédiatement le résultat; de même pour le boulanger.

Le paysan, le jardinier qui sème des graines devra attendre la pleine saison pour récolter les fruits de son travail.

L’éducateur, l’instituteur, le médecin, le thérapeute, le prêtre, le maître spirituel ne verront peut-être jamais la finalité ce qu’ils ont participé à former ou modeler.

Un goût d’inachevé

Nous partirons d’ici avec un goût d’inachevé qui sera un nouveau commencement dans notre vie de tous les jours. Nous nous frotterons à notre être intérieur avec le regard interrogateur de celui qui se découvre avec un peu de distance, qui tente de quitter le psychique pour entrer, un peu, dans le spirituel.

Pour prier, il faut être apaisé. Bien sûr, il peut y avoir le cri, la révolte. La prière, c’est aussi cela. Mais elle est avant tout une rencontre active entre Dieu et l’homme qui prie. Cette activité prend alors tout son sens lorsque le Christ dit :

Heureux les pauvres en Esprit, car le Royaume des cieux est à eux.

Père Claude

Mercredi 25 février - Mercredi des Cendres

19h Divine liturgie des présanctifiés  Rite de pénitence, bénédiction et imposition des cendres

Dimanche 1er mars - Quadragésime - 10h Laudes et Divine Liturgie  Samedi: 19h Vêpres 

Samedi 7 mars - Quatre-Temps de printemps - 19h Divine liturgie  Dimanche: pas d'office 

Dimanche 15 mars - 3e dimanche de Carême - 10h Laudes et Divine Liturgie  Samedi: 19h Vêpres 

Dimanche 22 mars - 4e dimanche de Carême - 10h Laudes et Divine Liturgie  Samedi: 19h Vêpres 

Dimanche 29 mars - 5e dimanche de Carême - 10h Laudes et Divine liturgie  Samedi: 19h Vêpres 

Mardi 31 mars - Saint Benjamin - 19h Divine liturgie des présanctifiés 


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