Le Pape et la Tradition
Nous avons tous remarqué l’agitation qui s’est emparée de l’Eglise de Rome suivant la levée d’excommunication des quatre évêques schismatiques du courrant d’Ecônes. Il est fort à parier que suivront leur réintégration dans leur fonction, puis la reconnaissance pleine et entière de ce mouvement
Les déclarations de l’un d’entre-eux niant l’Holocauste a braqué les projecteurs sur cette Fraternité St Pie X et ses rapports avec une extrême droite internationale et bien peu charitable envers ceux qui ne pensent pas comme elle.
Pour une poignée d’intégristes, l’évêque de Rome a pris le risque d’une unité avec les courants les plus réactionnaires du catholicisme. En a-t-il mesuré les conséquences ? Cette réintégration ne va-t-elle pas engendrer de nouvelles divisions ?
Les fidèles sont choqués ! Pas seulement les progressistes mais bien tous ceux qui vont à la messe le dimanche. Le schisme d’Ecônes avait au moins l’avantage de la clarté.
On ne peut que s’interroger sur la logique qui préside aux actions de ce pape qui d’un seul coup a « bradé » tout le travail entrepris par ces prédécesseurs: Jean-Paul II, et Paul VI notamment. De l’exigence de l’unité de l’Eglise romaine, il en a fait une reddition complète et sans aucune conditions face aux traditionalistes.
On peut dès lors de poser la question de savoir ce qu’est la Tradition de l’Eglise ? S’est-elle arrêtée au Concile (romain) de Trente ? Dans la logique (romaine) Vatican II n’est-il pas aussi licite que son prédécesseur ?
Ne confondons pas Tradition et habitudes ! La Tradition est le mouvement incessant de l’Eglise, elle est le contraire de l’habitude. Elle ne s’arrête pas.
La beauté du rite latin est l’un des arguments principaux des personnes qui fréquentent ces messes et ces églises traditionalistes. Un spectacle auquel quelques puristes assistent mais que la majorité des fidèles ne comprend plus. De la foi à la magie, il n’y a qu’un pas ! Les paroles de la messe doivent être comprises pour être vécues.
Mais au-delà des questions liées à l’organisation interne de l’Eglise romaine, il reste une pierre d’achoppement de taille: l’oecuménisme.
La volonté œcuménique est-elle celle de l’évêque de Rome ? On peut en douter ! L’Eglise de Rome construit un mur pour les relations entre Eglises et ces derniers temps y a ajouté une couche de briques et de ciment. Quelle va être la politique du Pape envers les Protestants et les Orthodoxes ? Il faut, dans cette logique, se rappeler des récentes déclarations du Pape (ou du cardinal Ratzinger) disant qu’il y a une seule Eglise, celle de Rome, rejetant du coup les orthodoxes dans le schisme et les protestants dans l’hérésie.
La catholicité de l’Eglise, rappelons-le, n’est pas uniquement romaine. Saint Ignace d’Antioche, au premier siècle, a utilisé pour la première fois ce vocable pour désigner l’Eglise. Et il n’y ajoutait pas le terme de « romain ». La catholicité de l’Eglise est précisément son universalité ce que les Orthodoxes revendiquent eux aussi.
Les Eglises orthodoxes sont traditionnelles et reconnaissent les sept premiers conciles œcuméniques. Ces conciles ont forgé la foi chrétienne telle que nous la confessons aujourd’hui. Pour le reste, nous faisons confiance à la liberté et à l’intelligence de l’homme. Soulignons aussi que la liberté engendre la responsabilité. Ainsi la foi chrétienne que nous vivons a l’exigence de la vérité en actes et en parole.
Alors, prions, pour que le Christ, Chef de l’Eglise, donne l’intelligence et la sagesse à ceux qui ont la charge et le ministère de l’unité afin qu’ils L’écoutent et que la paix revienne dans les cœurs des fidèles.
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09 Février 2009 à 03:33 dans
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