Lettre St Léonard décembre 2009
PAROISSE ORTHODOXE
SAINT LEONARD
Rte Aloïs-Fauquez 13 1018 Lausanne (Suisse)
Tel: 021/ 646 24 01 Portable Père Claude: 077/ 452 40 39
Claude.orthodoxielausannoise@gmail.com
Matière
Permettez-moi de vous provoquer un peu… Qu’est-ce que Noël, sinon la fête de la matière ? Certains l’approuveront probablement pensant aux cadeaux qu’il faut faire, aux repas gargantuesques qu’il faut ingurgiter pour faire la fête avec tous.
Que reste-t-il de chrétien dans une débauche de guirlandes, de confiseries, de Pères Noël et d’une indigestion de nourritures toutes plus caloriques les unes que les autres.
Que reste-t-il de chrétien lorsque l’on appelle Noël « fête des lumières » pour ne pas indisposer les personnes qui pratiquent d’autres religions ?
Nous sommes dans la matière ! Dans la matière brute ! Certains diront dans le concret.
Mais, d’une autre manière, nous pouvons affirmer que Noël est la fête de la matière et la fête de l’homme.
Dieu s’est fait matière, il s’est fait homme.
Il s’est incarné non pas en violant l’humanité en imposant sa présence mais en se proposant à elle par l’intermédiaire de Marie qui accepte avec joie et simplicité de cœur de devenir Mère de Dieu (Theotokos) ou Mère du Christ Dieu, du Dieu Matière.
Dans les milieux religieux, la matière n’a pas bonne réputation ! Et pourtant… L’homme… Adam, matière issue de la matière façonnée par Dieu. L’homme est matériel parce qu’il est corps issu de deux autres corps dans un acte charnel et reproducteur. En tant que corps, l’homme est matériel.
Mais la nature de l’homme est aussi celle de l’âme et de l’Esprit. Elle est la capacité d’intelligence et de discernement qui transcendent l’unique matière; qui fait de chaque humain une personne créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Cela fait de chacun une personne unique et non un individu membre d’un groupe.
De la matière surgit l’homme, corps, âme et esprit selon la volonté du Créateur. Un homme libre d’accepter ou de refuser la filiation divine, qui peut se dégager de la contrainte du péché et cela positivement ou négativement.
Si Dieu s’est incarné, il ne s’est pas fait seulement matière, il s’est fait homme. Il n’est pas un Dieu matérialisé, il est un Dieu incarné ! Le Christ n’est pas un avatar d’un Dieu éloigné, il est Dieu parmi nous.
Dieu devenu matière ou plutôt Dieu devenu homme vraiment homme.
Le Verbe s’est fait chair ! Il a habité parmi nous s’exclame l’apôtre Jean dans son Prologue. Et cela ne s’arrête pas là sinon l’Incarnation aurait été un acte inutile.
Le Verbe incarné a enseigné les hommes, ouvert la réalité du royaume de Dieu par ses actes. Il a souffert la Passion, a été crucifié et est ressuscité.
Ainsi, notre fête de Noël, tout en étant le début, ramasse en elle-même toute l’histoire du salut de l’homme par un Dieu qui a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle.
Que cette fête de l’Incarnation fasse de nous des participants aux mystères du salut pour lequel le Christ s’est incarné.
Au Nom du Père du Fils et du Saint Esprit.
Certains vont dresser l’oreille lorsque je vous dirai que nous célébrons ce soir la Divine Liturgie du premier dimanche de l’Avent.
Dans le rite des Gaules, comme dans les Eglises d’Orient, et contrairement aux Eglises de Rome et de la Réforme qui en comptent quatre, nous comptons six semaines de préparation à la venue du Christ.
Et si nous débutons l’année liturgique avec des ornements violets, c’est que le temps l’Avent est aussi une période de préparation, d’attente et d’abstinence qui nous permettront ainsi de supporter et contempler l’Incarnation du Christ dans le monde.
Parallèlement à cette contemplation d’un acte historique, nous voulons nous préparer, aussi, au retour glorieux du Christ à la fin des temps.
Nous entrons dans un temps de pénitence. Ce mot, tel qu’il est compris généralement par les chrétiens, ne recouvre pas la réalité de ce terme souvent allié à l’erreur qu’il faut réparer, au rachat de la faute commise ou que sais-je…
La pénitence du temps de l’avent est la préparation joyeuse de l’homme, de son corps, de son âme et de son esprit à la rencontre de ce mystère de Dieu fait homme. C’est ici la signification profonde du terme Avent.
Il convient pour cela de se recentrer sur soi-même, scruter en nous-mêmes nos pensées, alléger nos lourdeurs, discerner ce qui nous fait tomber, trembler, nous agiter dans le monde. Diviser ce qui est indispensable du superflu.
Pour cela, il existe des méthodes. Elles n’ont pas valeur universelle et doivent être adaptées à chacun d’entre-nous, selon nos moyens, nos possibilités spirituelles et physiques. Car si nous voulons dépasser nos propres capacités physiques, nous serons dans l’erreur.
Ainsi, le jeûne et l’abstinence de nourriture ne doivent pas devenir un but en soi mais un moyen d’élever notre âme et notre esprit en les ouvrant et en les rendant perméables aux paroles du Christ.
Un jeûne uniquement centré sur le corps, tel un régime alimentaire, n’aura aucune chance d’ouvrir l’âme et l’esprit de l’homme, bien au contraire, il le rendra physiquement et psychiquement fragile et , surtout, tourné uniquement sur lui-même, incapable de vie spirituelle et déconnecté des autres et du monde.
Sachons aussi que les jeûnes peuvent être de touts sortes: alimentaire mais aussi de parole, d’image, etc. On parle beaucoup des prescriptions de nourriture, cela est bien, juste, mais cela ne reste qu’une des formes de jeûne.
Quelle que soit la forme de jeûne ou d’abstinence que vous choisissiez, posez-vous la question de l’ouverture spirituelle que cela peut vous procurer. Le centre n’est pas votre propre personne mais Dieu.
Nous devons ainsi nous mettre en condition d’acceptation. Ouvrir le mains, le cœur et l’esprit, notre être entier, sans en dissocier ou privilégier une partie, à l’Esprit que nous attendons et qui nous pénètre.
Nous venons de donner ici la définition exacte de la pénitence, de la metanoïa, telle que l’entendaient les Père de l’Eglise: un retournement.
Ce temps de l’Avent est celui de la pénitence joyeuse, de l’attente de la venue du Verbe parmi les hommes. Mettons-nous en condition pour supporter cette lumière qui s’offre à nous par amour.
A Lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen
Evéque Jean de Saint-Denis
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Semblables à des enfants qui, devant une vitrine de joujoux, ne savent que choisir, tels sommes-nous, chrétiens, devant la Nuit de Noël et ses mystères.
Vous avez entendu l’homélie de Léon, pape de Rome, ce pape qui savait parler de l’incarnation du Christ comme personne; vous avez entendu les chants, l’évangiles, les paroles du psalmiste; tout aujourd’hui est sermon et instruction !
En venant vers l’église, j’ai ressenti le désir de vous introduire dans ce que je pense être le plus merveilleux, peut-être du Mystère de Noël et de la Révélation chrétienne, Que Dieu soit Créateur, nous le savons; que pour Dieu créer le monde n’est pas grand-chose; nous le savons aussi. Mais que Dieu devienne homme pour nous, qu’Il S’abaisse, Lui l’Indéfinissable, est déjà un mystère immense, incompréhensible. Mais il y a autre chose que je veux confesser aujourd’hui et que saint Irénée de Lyon a tant aimé et si bien célébré. Le plus merveilleux, le plus étrange, le plus éblouissant de la révélation de Noël et du christianisme, c’est, mes amis, ce renouveau perpétuel dans lequel nous sommes et dans lequel nous vivons !
Ecoutez-moi bien. Si Dieu est créateur du monde et que le monde chute, puis, avec l’incarnation et le rachat retourne à l’état paradisiaque; si ce qui était sorti de Dieu revient à Dieu et ce qui était créé par Dieu remonte à son origine, cela est admirable mais apparaît pourtant comme un cercle vicieux, une répétition, un éternel retour: le corps à la terre, le divin au divin. S’il n’y avait réellement que Dieu-source et Dieu-fin, - certes, le monde dans le péché est joyeux d’être sauvé, l’âme séparée du contact divin est bienheureuse de le retrouver -, si ce n’était que cela: sortis de Dieu, nous revenons à Dieu, le Christ n’aurait pas apporté Son enseignement unique. Car tous les enseignements humains, en dehors de la Révélation, ont ce retour. L’un devient multiple, le multiple devient un, le pur devient impur afin que l’impur devienne pur.
Que nous apporte la Révélation chrétienne proclamée à Noël ? Nous ne retournons pas seulement en Dieu, nous ne revenons pas seulement à la source, nous ne sommes pas seulement sauvés de l’enfer et de la mort, nous recevons quelque chose de neuf. Qu’est-ce donc ? C’est l’homme qui devient Mère de Dieu, l’humanité qui porte Dieu dans ses entrailles, l’être humain appelé à donner la réplique à Dieu qui devient comme lui pour que l’homme devienne dieu. L’Insaisissable, l’Indéfinissable. Le Dépassant tout S’incarnant pour notre salut. L’avez-vous « pensé » ce mystère ? Eh bien, un autre mystère brille à travers et découle de celui-là: par cette Vierge Marie, qui est nous, cette femme Marie qui est nous tous présents dans l’univers, nous sommes devenus « Mère de Dieu » par elle, en elle. Et par elle, à la fin des temps, auprès de Dieu seront l’homme et le monde déifiés.
Voilà pourquoi aujourd’hui, je ne parlerai pas plus longuement; la fête nous ravit et je ne puis qu’exalter aux côtés de notre Sauveur et Christ, Marie, Mère de Dieu.
Homélie 1956
Rte Aloïs-Fauquez 13
1018 Lausanne
Tel: 021/ 646 24 01
Prêtre: 077/ 452 40 39
Lundi 30 novembre
Saint André, apôtre et martyr (+ 62)
19h Divine Liturgie
20h 15 Cours de théologie
Dimanche 6 décembre
4e Dimanche de l’Avent
Message de l’Avent
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Dimanche 13 décembre
5e Dimanche de l’Avent
La Voix dans le désert
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Samedi 19 décembre
Quatre-Temps d’hiver
19h Divine Liturgie, rite de pénitence
Jeudi 24 décembre
Vigiles de la Nativité
22h Divine Liturgie à Lyon
Dimanche 27 décembre
Dimanche dans l’octave de Noël
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Les Laudes sont célébrées tous les matins à 8h (sauf dimanche) en la chapelle St Léonard.
Cours de Théologie orthodoxe
21h Dogmatique (Père Claude)
-
27 Novembre 2009 à 10:05 dans
- Général





