Lettre novembre 2009
PAROISSE ORTHODOXE
SAINT LEONARD
Eglise Orthodoxe de France
Rte Aloïs-Fauquez 13 1018 Lausanne (Suisse)
Tel: 021/ 646 24 01 Portable Père Claude: 077/ 452 40 39
Claude.orthodoxielausannoise@gmail.com
Témoigner sa foi
Suite à notre publication des extraits de l’enseignement de saint Séraphin de Sarov, nous avons reçu une question importante qui mérite un certain développement:
« Intéressant ce que dit S. de Sarov à propos d’une discrétion à garder. Je me suis posé plusieurs fois la question, d’autant que les écrits nouveau testament insistent beaucoup sur la nécessité de témoigner de l’évangile de toutes les manières possibles » . (Alain)
« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde » dit le Christ dans le Sermon sur la Montagne. Cela est un fait objectif et déjà le premier témoignage.
Il faut aussi s’entendre sur ce que recouvre ce mot de « témoignage » si souvent utilisé mais la plupart du temps méconnu. Le Christ nous en donne,ici, une piste: Sel et lumière.
Essayons donc d’y voir plus clair en posant le problème de la connaissance, croyance et expérimentation ou expérience. C’est par ailleurs sur cette dernière que saint Séraphin veut nous entraîner, nous enseigner.
La connaissance.
L’homme acquiert des connaissances dans tous les domaines de la vie. Il ouvre des livres, consulte des dictionnaires, voyage, se cultive. Il peut suivre des cours de théologie, ouvrir la Bible. Il peut acquérir une connaissance universelle, encyclopédique. Il peut enseigner la théologie, le latin et que sais-je… Il peut être cultivé, philosophe et bavard.
Cet homme-là aura acquis une connaissance et non le discernement. Certes, il pourra être philosophe mais restera centré, « scotché » à L’homme et à l’humanité. Il sera anthropocentrique. Il ramènera Dieu à un concept philosophique intéressant. Au besoin, il se fabriquera un Dieu à l’image humaine dont il est, et ne peut être que le seul point de référence, le centre. Il est dans le monde visible, sensible et dans la dualité qui est le propre de l’homme.
Les connaissances scolaires, universitaires ne libèrent pas l’homme. Elles peuvent l’aider à s’ouvrir (ou à se fermer) dans sa quête libre et volontaire du divin.
Cela dit, l’homme a toujours en lui, une étincelle de divin qui ne demande qu’à devenir lumière.
La croyance
Un acte de foi qui, heureusement, n’est pas lié à l’acquisition des connaissances mais qui peut ouvrir, un peu, sur la connaissance.
On passe ici du décharné au charnel (le Verbe s’est fait chair), du désincarné à l’Incarnation, de l’indifférence à l’amour (Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné Son Fils unique…), de la mort à la vie (pour le salut du monde).
Ici, le mot de croyance, malhabile s’il en est, doit être remplacé par le vocable de foi qui induit le mouvement soit la charité et l’amour. Ces deux mots, de même racine, ouvrent alors sur deux conceptions différentes et complémentaires, inséparables de la foi.
Croire en Dieu, c’est ouvrir une porte derrière laquelle on ne sait pas vraiment ce que l’on va découvrir. On sait que Dieu est Tri-Unique, Père, Fils et Saint-Esprit, qu’il est le Créateur de toute chose, qu’il est bon, qu’il est en nous et ne demande qu’à se révéler.
L’expérience
Expérimenter Dieu ! Ouvrir son cœur, le laisser pénétrer en nous pour que nous puissions Le découvrir et l’aimer. Sans paroles inutiles ou grandiloquentes. Devenir des « éponges » de la rosée divine.
L’attitude, ici, n’est plus théologique, elle est mystique. Elle est celle d’un voyageur ou d’un pèlerin qui se met en route vers la Lumière. Elle est celle d’un explorateur ou d’un expérimentateur, d’un chercheur.
Les bruits du monde, les bavardages stériles, les confrontations n’ont plus guère d’importance pour celui qui, dans la solitude, dans l’Eglise, fait le chemin de son salut.
Cette expérience le rendra automatiquement « témoin » et « acteur » de ce qu’il a recherché et rencontré. C’est donc, avant tout, l’expérience qui fait le témoignage.
Lorsqu’un témoin est appelé à la barre d’un tribunal, il doit dire non ce qu’il croit mais bien ce qu’il a vu ! Et non pas ce qu’il a cru voir, supposé, rêvé. Le témoin n’est pas un spectateur passif mais aussi un acteur.
Les enseignements de saint Séraphin de Sarov recouvrent cette réalité. De plus, ils sont l’inversion lumineuse des certitudes du monde et des hommes qui nous entourent.
Parler, discuter, prouver, convertir ne doit pas être la préoccupation première. La priorité étant, bien entendu, notre propre salut. Et dans cette optique c’est notre relation et la qualité de celle-ci qui va déterminer nos rapports avec nos frères.
C’est de cette manière seule que nous pourrons aborder le problème du témoignage.
Le témoignage
On peut apporter la lumière pour autant que nous ayons du combustible ! Et ce matériaux n’est pas quelque chose de figé dans l’espace et dans le temps. La spiritualité se cultive et s’entretient par le silence, la contemplation et la prière de chaque jour.
La théologie et la mystique ne vont pas l’un sans l’autre, sinon l’homme mystique serait comme un arbre planté… les racines en l’air. Qu’est-ce qu’un théologien ? C’est un homme qui prie et par conséquent chaque homme qui prie est théologien. La théologie va enraciner l’homme, lui donner une assise ; la mystique va lui donner le mouvement ou le souffle de l’esprit.
Ce mouvement intérieur ouvre l’homme à la fois à la vie divine en esprit et en vérité.
Garder le trésor qui est en nous, c’est le cultiver, le nourrir, l’alimenter non seulement pour soi, ce qui serait un pur égoïsme, mais pour les autres. Comment cela ?
Le Christ nous le dit lui-même: « Qu’ainsi brille votre lumière devant les hommes, afin qu’ils voient vos belles œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » .
Bienheureusement la traduction Osty ne parle pas des « bonnes oeuvres » ! Exit l’acte charitable, les paroles doucereuses. Le Christ a parlé du sel de la terre et non du sucre ! Dehors les images saintes au Christ asexué au sourire inspiré à la manière de l’école de Saint-Sulpice ! Non.. À cette piété mièvre…
Notre plus belle œuvre, c’est nous-même ! A l’image et à la ressemblance de Dieu. Le carburant de notre lampe, c’est la prière qui nous porte en intimité vers et en Dieu. Tel est Du mot témoignage. Cela s’opère, souvent à notre insu, par notre vie. C’est d’abord elle qui sera le témoignage extérieur de ce que nous vivons à l’intérieur.
Diversité des ministères
Pour répondre à la question plus complètement, il faut aborder la question des ministères.
L’Eglise orthodoxe reconnaît les ministères et les vocations: évêque, prêtre, diacre; les ordres mineurs et le peuple dit « Peuple royal ». Elle reconnaît aussi les moines et les moniales.
Elle reconnaît mais surtout choisit ceux qui, selon elle, ont vocation de mener à bien un ministère. On ne peut donc pas s’auto-proclamer dans un ministère ou un autre. Le ministère est un service donné par l’Eglise à ceux qui en sont dignes et qui ont la disponibilité pour l’accomplir.
Les évêques et les prêtres n’ont pas, bien entendu, l’exclusivité de la proclamation et du témoignage de l’Evangile. Cela est l’affaire de tout chrétien.
Il y a une multitude de formes de témoignages. Mais, la condition première est celle que la vie de celui qui proclame soit en phase avec le message qu’il veut et doit faire passer.
C’est donc par sa vie, par sa vie spirituelle qui conditionne sa vie sociale que le chrétien rend témoignage de sa foi en Jésus Christ, dans la Résurrection et le salut de l’humanité par Celui qui a pris chair pour le salut de la créature à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Le mot orthodoxie est composé de deux termes grecs : « ortho »: debout, droit, ligne verticale qui s’élève vers les hauteurs, jusqu’en la Divine Trinité, et descend vers le plus bas, jusqu’au néant; et « doxie »: gloire, pensée-louange, glorification contemplative où l’élément émotif est confondu avec l’élément cognitif, et cette pensée-glorification a comme un mouvement: debout, vertical, une flèche, de l’abîme jusqu’en très haut lieu, ou encore: plus haut, jusqu’à l’unité. Ni à droite, ni à gauche, ni dans le passé, ni dans le futur. L’Orthodoxie, c’est le rayon traversant chaque chose, chaque événement, chaque date de l’Histoire, chaque pensée, chaque tradition.
Le monde actuel est trouble comme l’eau troublée.
La matière est spiritualisée, elle est devenue plus fine qu’une toile d’araignée suspendue dans l’espace infini et incolore, et l’esprit se matérialise comme des gouttes de boue liquide.
Quel rapport entre Orthodoxie et le monde actuel ? Aucun. Ou plutôt le même rapport qu’entre idée et fatigue, entre être et cruauté, entre debout et malade.
Aucun rapport dans leur nature mais l’Orthodoxie traverse le monde actuel et le sauve. Comment ?
Par sept actions:
Elle aime ce monde actuel,
Elle pardonne à ce monde actuel,
Elle ne juge pas ce monde actuel,
Elle accepte ce monde actuel,
Elle prie pour ce monde actuel,
Elle pleure avec ce monde actuel,
Elle meurt dans ce monde actuel pour le ressusciter, Amen.
Avec les Pères: Saint Irénée de Lyon
Le Verbe est donc bien parfait (parachevé) en tout,
Puisqu’Il est à la fois le Verbe puissant et homme véritable,
Nous ayant rachetés par son sang, de la manière qui convenait au Verbe (c’est-à-dire dans liberté, amour, générosité)
« en se donnant Lui-même en rançon » pour ceux qui avaient été faits captifs…
Si donc, c’est par son propre sang, que le Seigneur nous a rachetés, s’Il a donné son âme pour notre âme et sa chair pour notre chair, S’Il a répandu l’Esprit du Père
Pour opérer l’union et la communion de Dieu et des hommes,
Faisant descendre Dieu dans les hommes par l’Esprit
En faisant monter l’homme jusqu’à Dieu par son incarnation,
et, si en toute certitude et vérité, lors de sa venue /en chair/,
Il nous a gratifiés de l’incorruptibilité,
Par la communion que nous avons avec Lui-même, c’en est fait
De tous les enseignements des hérétiques
(tiré de l’Adversus Heaereses)
Dans son ouvrage, Adversus Haereses, saint Irénée combattait les gnostiques qui prétendaient que le Christ n’était qu’une apparence et niaient à la fois son incarnation et son humanité.
Pour les gnostiques, le corps est mauvais. Seules sera sauvée une élite qui se sera séparée du corps et atteindra une connaissance (gnose) unique de l’esprit.
Rte Aloïs-Fauquez 13
1018 Lausanne
Tel: 021/ 646 24 01
Prêtre: 077/ 452 40 39
Dimanche 1er novembre
Fête de tous les Saints
10h Divine Liturgie pontificale présidée par Mgr Germain (église de Morrens)
(voir programme du séminaire)
Dimanche 8 novembre
23e dimanche après la Pentecôte
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Dimanche: Divine Liturgie à Grenoble
Dimanche 15 novembre
1er dimanche de l'Avent
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Dimanche: pas d’office
Dimanche 22 novembre
2e dimanche de l'Avent
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Dimanche: pas d’office
Dimanche 29 novembre
3e dimanche de l’Avent
Samedi: 19h Divine Liturgie du dimanche
Dimanche: pas d’office
Lundi 30 novembre
19h Divine Liturgie suivie du cours
Diptyques
Nous vous demandons de prier pour les vivants et malades: Josette, prêtre Guy, soeur Héléna,
Pour les défunts: prêtre Michel.
-
21 Octobre 2009 à 13:05 dans
- Général




